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Verre d'eau fraîche et cuillère de sucre en poudre sur une table en bois, à côté d'un sucrier et d'une assiette terminée

Pourquoi a-t-on le hoquet, et quelles méthodes permettent vraiment de l'arrêter ?

Un repas avalé trop vite, un soda bien frais, un fou rire, et le voilà : hic, hic, hic, à intervalles réguliers, impossible à contrôler. Le hoquet est l'un des réflexes les plus banals et les plus agaçants du corps humain. Chacun a sa méthode infaillible pour le faire passer, du verre d'eau bu à l'envers à la frayeur provoquée par un proche. Certaines reposent sur une vraie logique, d'autres relèvent surtout de la tradition. Voici ce qui se passe réellement, et ce que l'on peut faire.

Forme 6 min de lecture

Ce qui se passe quand on a le hoquet

Le diaphragme est le grand muscle en forme de dôme qui sépare le thorax de l'abdomen et nous fait respirer. Lors d'un hoquet, il se contracte brusquement, de façon involontaire, comme pour une inspiration soudaine. Une fraction de seconde plus tard, la glotte, l'espace entre les cordes vocales, se referme d'un coup. L'air qui entrait est stoppé net : c'est ce claquement qui produit le son caractéristique.

Ce mouvement est commandé par un arc réflexe : des nerfs qui relient l'estomac, l'œsophage, la gorge et le diaphragme au tronc cérébral. Quand l'un d'eux est irrité, par un estomac distendu, une boisson glacée ou une émotion, le réflexe se déclenche et se répète à un rythme assez régulier, souvent plusieurs fois par minute.

Les déclencheurs les plus fréquents

  • Manger trop vite ou trop : l'estomac se distend brusquement et irrite le diaphragme situé juste au dessus.
  • Les boissons gazeuses et la bière, qui gonflent l'estomac.
  • L'alcool et les plats très épicés.
  • Avaler de l'air en parlant, en mâchant du chewing-gum ou en mangeant rapidement.
  • Un changement brusque de température : boisson glacée après un plat chaud, air froid.
  • Les émotions : stress, excitation, fou rire.

Le diaphragme est aussi impliqué dans un autre désagrément bien connu des sportifs, la douleur sous les côtes en pleine course : nous l'évoquons dans notre article sur le point de côté en courant.

Les méthodes qui ont une logique

Aucune méthode n'est garantie, et leur efficacité a été peu étudiée scientifiquement. Celles qui ont une logique agissent de deux façons : en modifiant la respiration et le taux de gaz carbonique dans le sang, ce qui tend à calmer le réflexe, ou en stimulant les nerfs de la gorge et du pharynx pour interrompre l'arc réflexe.

  1. Retenir sa respiration une dizaine de secondes après une inspiration profonde, puis expirer lentement. Répéter quelques fois.
  2. Boire lentement un verre d'eau froide, par petites gorgées continues, sans reprendre son souffle.
  3. Avaler une cuillère à café de sucre en poudre, sans eau : le grain stimule le fond de la gorge.
  4. Respirer lentement et profondément, en gonflant le ventre, pour relâcher le diaphragme.
  5. Se pencher en avant ou ramener les genoux contre la poitrine, ce qui comprime légèrement le diaphragme.
  6. Tirer doucement la langue quelques secondes, une méthode traditionnelle qui stimule la gorge.

Tableau : remèdes de grand-mère, ce qu'on peut en dire

RemèdeLogiqueÀ retenir
Retenir sa respirationAugmente le gaz carbonique, calme le réflexeSimple, sans danger, souvent efficace
Boire de l'eau froide par petites gorgéesStimule la gorge et rythme la respirationÀ faire lentement, sans s'étouffer
Cuillère de sucreStimule le fond de la gorgeTradition répandue, sans danger chez l'adulte
Boire à l'envers, penché en avantCombine déglutition et positionRisque de fausse route, prudence
Respirer dans un sac en papierAugmente le gaz carboniqueBrièvement seulement, jamais de sac plastique
Se faire peurChoc émotionnel supposé interrompre le réflexeEffet incertain, risque de chute
Évaluation selon la logique physiologique : les études solides sur ces remèdes sont rares.

Limiter les crises de hoquet

Les habitudes qui jouent

À privilégier

  • Manger lentement et en portions raisonnables
  • Boire de l'eau plate pendant les repas
  • Laisser les boissons glacées se réchauffer un peu
  • Faire une pause si le hoquet apparaît pendant le repas

À limiter

  • Sodas et bière en grande quantité
  • Repas avalés en quelques minutes
  • Alcool et plats très épicés en excès
  • Parler beaucoup en mangeant et avaler de l'air

Quand le hoquet doit faire consulter

Un hoquet banal dure quelques minutes, parfois une heure. Les médecins parlent de hoquet persistant au delà de 48 heures, et de hoquet rebelle quand il dure plus d'un mois. Ces formes, rares, peuvent être liées à un reflux gastro-œsophagien, à certains médicaments, à une irritation des nerfs qui commandent le diaphragme, ou plus rarement à des maladies neurologiques ou métaboliques.

  • Le hoquet dure plus de 48 heures.
  • Il revient très souvent sans raison apparente.
  • Il empêche de manger, de boire ou de dormir.
  • Il s'accompagne de douleurs, de brûlures d'estomac, de vomissements, d'une fièvre ou de difficultés à respirer.
  • Il est apparu après le début d'un nouveau traitement.

Comme le bâillement, le hoquet fait partie de ces réflexes que l'on ne contrôle pas et dont la fonction exacte reste en partie mystérieuse. Le bâillement a d'ailleurs une particularité que le hoquet n'a pas : il est contagieux, comme nous l'expliquons dans notre article sur le bâillement qui se transmet d'une personne à l'autre.

Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on le hoquet après avoir mangé ?
Un repas copieux ou avalé rapidement distend brusquement l'estomac, situé juste sous le diaphragme. Cette distension irrite les nerfs qui commandent le réflexe du hoquet. Les boissons gazeuses, qui gonflent l'estomac, ont le même effet.
Combien de temps dure un hoquet normal ?
Généralement quelques minutes, parfois jusqu'à une heure. Au delà de 48 heures, on parle de hoquet persistant, qui justifie une consultation médicale pour en rechercher la cause.
Faire peur à quelqu'un arrête-t-il vraiment le hoquet ?
C'est une tradition répandue, mais son efficacité n'est pas démontrée. La surprise provoque parfois une inspiration brusque suivie d'une pause respiratoire, ce qui pourrait interrompre le réflexe. Le risque de chute ou de malaise rend toutefois cette méthode peu recommandable.
Le hoquet peut-il être le signe d'une maladie ?
Un hoquet passager est presque toujours bénin. Un hoquet qui dure plus de deux jours, revient très souvent ou s'accompagne d'autres symptômes peut en revanche être lié à un reflux, à un médicament ou, plus rarement, à une maladie qui doit être recherchée par un médecin.
Pourquoi le sucre aide-t-il à arrêter le hoquet ?
Les grains de sucre en poudre stimulent le fond de la gorge, une zone parcourue par des nerfs impliqués dans le réflexe du hoquet. Cette stimulation pourrait interrompre le cycle. L'effet n'est pas garanti, mais la méthode est sans danger pour un adulte.

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